Imprimer

L'inter-réseaux Laïcité

a été reporté pour des raisons de logistiques

 

 

Les Jeudis de la Laïcité

 

En nous appuyant sur l’article 1 de la charte des Réseaux d’Echanges Réciproques de Savoirs® : “Les RERS®, groupes d’Education Populaire, sont constitués de citoyen(nes), sans distinctions d’âge, de conviction politique ou religieuse ni d’origine culturelle ou sociale.”

Nous nous retrouvons chaque premier jeudi du mois au local Les Pyramides pour des échanges autour de la laïcité

(108 place Salvador Allende Evry-Courcouronnes de 17h à 19h).

Le respect et la liberté absolue de conscience est naturel au Réseau, cela va sans dire, mais ça va mieux en le disant !

 

5 mars 2020 : Laïcité expliquée aux enfants

 

 

C'était le 18 décembre 2018

le Réseau RERS® a reçu le prix d'honneur de la Laïcité décerné par la Ville d'Evry.

 

 

Un grand échange sur la Laïcité avec Eddy KHALDI

 

ABC de la laïcité

Le jeudi 6 décembre, un débat sur la laïcité a eu lieu aux Réseaux d’Echanges Réciproques de Savoirs® dans le local Les Pyramides au 108, place Salvador Allende. Des membres du RERS® offreurs et demandeurs de savoirs et des membres du Conseil de Quartier assistaient à cet échange.

Cette soirée a été initiée par monsieur Eddy KHALDI, délégué départemental de l’Education Nationale et auteur de “L’ABC de la Laïcité”, à partir de la présentation d’une vidéo pour introduire le sujet, et qui en montrant des interprétations diverses et antinomiques permet d’éviter les commentaires précipités.

Nous avons ainsi pu voir que la laïcité est le principe juridique garant de la liberté absolue de conscience et de la neutralité des institutions. Chacun est libre de croire ou de ne pas croire, de pratiquer sa religion, ou d’en changer, en toute liberté : nous sommes des citoyens libres et égaux en droits. Par sa Constitution, la République est “indivisible, laïque, démocratique et sociale”, elle “assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances”.

La liberté de conscience est fondée sur l'autonomie de jugement.  La Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948 proclame que “toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites”.

 En conséquence la laïcité ne s’oppose pas à quelque religion que ce soit, elle interdit même à l’Etat d’imposer sa conception des religions ; puisqu’il y a séparation, il n’y a pas de liens entre l’Etat et les religions. C’est ce qui assure la reconnaissance de l’égalité de tous les citoyens, quelles que soient leurs croyances ou non-croyances.

Citons pour mémoire les deux premiers articles de la loi du 9 décembre 1905 :

Article 1 : La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public.

Article 2 : La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence […] seront supprimées des budgets de l'Etat, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l'exercice des cultes.”

La République est neutre pour ce qui concerne les convictions de chacun, ce qui permet par exemple à l’école de donner la liberté d’accès à toutes les connaissances, pour tous les élèves : la laïcité est la pierre angulaire de l’éducation et de l’instruction en respectant la liberté de conscience de chaque citoyen en devenir. Elle est un principe d’organisation de la vie en société, assurant la vie commune pacifiée quelles que soient les croyances, les convictions ou les opinions religieuses. Nous fêtons son 113 ème anniversaire cette année.

  1. Eddy KHALDI continue en nous rappelant que la laïcité ne s’est pas construite en un jour.  Il y a eu plusieurs périodes historiques permettant son développement.

Parmi elles :

Le mot laïcité avait déjà à l’époque de la Révolution française le sens de dissocier le religieux du politique.

Soit dit en passant, revendiquer la liberté d’enseignement devrait avoir comme conséquence pour les écoles privées de ne pas demander de financements à la puissance publique, et devrait pousser à abroger la loi Debré de 1959 (qui porte sur la question des modalités de l’aide publique à l’enseignement privé, financièrement intéressante pour lui et sans avoir comme contrepartie un contrôle strict de l’État).

C’est une loi de sécurité publique ; tant que la foi ne prétend pas imposer sa loi, la loi de 1905 (art. 2) garantit toutes les convictions. C’est la liberté de conscience qui doit garantir la liberté religieuse et non l’inverse, ce n‘est pas la liberté religieuse qui doit garantir la liberté de conscience, car alors les citoyens ne seraient pas égaux en droits. Le principe juridique sera inscrit plus tard dans la Constitution.

 

 

                         

Quelques questions :

La laïcité est-elle un instrument de critique des religions ?

Les religions sont critiquables si, et seulement si, elles ne respectent pas les lois de la République et portent atteintes aux libertés. On n’a pas à les juger par rapports à leurs textes. Par exemple, pour ce qui concerne la place de la femme dans une religion ou dans une autre, si dans la vie civile les religieux respectent l’égalité, il n’y a rien à redire. Et de toute façon ce n’est pas la loi de 1905 qui est alors en cause mais les lois concernant les libertés individuelles.

La laïcité est un ciment de la société. Comment la faire respecter ?

Un élu ne doit pas s’adresser à des groupes de pression mais à des citoyens (article 2). Les élus et les agents de la fonction   publique doivent être neutres puisqu’ils représentent l’ensemble des citoyens. Il faut veiller à la non-communautarisation de l’espace scolaire. Pour ce qui concerne les médecins à l’hôpital, n’étant pas des fonctionnaires, ils peuvent revendiquer des “clauses de conscience” (sauf s’ils sont médecins scolaires).

L’école étant obligatoire, chaque enfant doit avoir la liberté de se construire sans être formaté par tel ou tel dogme, cela implique la nécessité de développer l’esprit critique.

Les droits de l’enfant sont indissociables de la laïcité.

Pourquoi les discriminations sociales font-elles douter de l’efficacité de la laïcité ?

 

Tout en remarquant l’erreur de la “discrimination positive”, il faut éviter d’instrumentaliser la religion. Tant que l’égalité des droits n’est pas réalisée, il existe des clivages dans la société. Le séparatisme est dangereux, et les discriminations identitaires recouvrent des thématiques politiques.

Les diversités sont multiples, mais on n’a pas à trier : si l’état est laïque parce que neutre, la société, elle, n’est pas laïque puisqu’elle est fondée sur la liberté de pensée, de conscience et de religion des citoyens.

Quelle est actuellement la place des institutions religieuses dans l’éducation ?

Nous avons l’exemple des jours de congés, où ce sont des fêtes religieuses qui rythment le calendrier. C’est un héritage historique, mais il faut absolument veiller à ne pas exclure tel ou tel. En tout état de cause les religions ne sont pas contraintes, dans le respect de l’ordre et de la sécurité publics. Il faut démultiplier les débats sur différents lieux. L’interculturel n’est pas le pluriculturel, il faut lutter contre le communautarisme.